Les images d’orques endommageant des voiliers au large de l’Europe ont ravivé de nombreuses craintes et alimenté des récits spectaculaires sur un prétendu comportement coordonné de ces cétacés contre les bateaux. Pourtant, ces faits observés en Atlantique Nord-Est ne reflètent en rien la situation dans l’océan Indien, et encore moins celle de Mayotte.
Dans les eaux mahoraises, les orques sont observées de manière ponctuelle, principalement lors de leurs migrations annuelles dans le canal du Mozambique. Ces passages restent rares et bien identifiés par les acteurs scientifiques locaux, notamment dans le cadre du suivi des cétacés. Aucune interaction agressive avec les embarcations n’a été documentée dans le lagon ou à proximité de l’île.
Contrairement aux cas médiatisés en Espagne et au Portugal, où une petite sous-population spécifique d’orques a développé un comportement exploratoire envers des voiliers, Mayotte ne connaît aucun phénomène comparable. Les scientifiques rappellent que ces interactions européennes sont strictement localisées, concernent peu d’individus et ne traduisent ni une stratégie volontaire ni une hostilité envers l’homme.
À Mayotte, les orques s’inscrivent dans un environnement marin riche et protégé, où l’observation se fait à distance, dans le respect des règles d’approche. Leur présence, bien que spectaculaire, reste discrète et s’inscrit dans un cycle naturel de migration.
Les spécialistes appellent donc à éviter toute généralisation hâtive. Assimiler les comportements observés ailleurs à une menace potentielle pour le lagon mahorais relève davantage du fantasme que de la science. À ce jour, aucune donnée vérifiable ne justifie une inquiétude particulière pour les usagers de la mer à Mayotte.




