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Meiitod décline la sensualité sur Silence, son nouvel EP

Le chanteur mahorais Meiitod a sorti ce 15 janvier Silence, un EP de 9 titres, sur lequel sa voix mélodieuse parle femmes, amour et sexe.

« Je me rappelle de l’adolescence, des lycéennes qui kiffaient quand je me mettais à chanter. »

Meiitod – Orage (intro)

La première phrase du projet de Meiitod est évocatrice. Plus que de l’affectionner, le chanteur prône le genre féminin et n’hésite pas à dévoiler ses sentiments. Adrien Abdullahi, de son vrai nom, a grandi sur l’île au lagon, ce qui se ressent sur les instrus rythmées et dans sa voix, dont les variations sont finement travaillées à chaque fin de phrase, à la manière d’un chanteur traditionnel. Il a depuis choisi de s’installer en métropole, et à Montpellier plus particulièrement, qui ne manque pas non plus de talents musicaux, à l’image d’Ateyaba, rappeur talentueux et avant-gardiste. Mais Meiitod est avant tout une bête de travail. Il ne fait pas qu’écrire ses textes et les interpréter, il produit aussi les neuf sons de Silence. En résulte un mélange cohérent de mélodies au piano et de beats endiablés.

Sur ces derniers, le chanteur est indéniablement à l’aise, distribuant références discrètes au sexe et adlibs gémissants sur des rythmes qui appellent aux mouvements de reins. C’est le cas sur l’intimiste morceau éponyme de l’opus, qui repose sur un rythme presque dancehall. Mais aussi sur « L’un de l’autre », single de l’album qui fait fureur sur les réseaux sociaux, et sur l’excellent « Bye bye », un son sensuel et chaud. Avec la présence de Vezoo, chanteur du sud de Madagascar, Meiitod continue de parler des femmes.

« Et ses cheveux bouclés et la forme de ses hanches me disent qu’elle est Malagasy »

Meiitod – Bye bye (feat. Vezoo)

Meiitod donne de la sensibilité au Silence

Mais, si le Mahorais peut aisément ramener de la chaleur sur ses titres, il se démarque vraiment par sa sensibilité, assez rare dans le milieu pour être soulignée. Sa voix, parfois tremblotante, aide à transmettre les émotions de l’artiste, qui peut aussi se reposer sur une utilisation subtile de l’auto-tune. Ainsi, le poète amoureux déclare à plusieurs moments sa flamme, comme sur le poignant « Tes yeux » (« Seuls mes gosses auront le droit de t’appeler Maman », « C’est de la faute à tes yeux si aujourd’hui je t’aime »). Le clip du morceau est d’ailleurs sorti. Meiitod ne s’y est pas trompé, les Mahoraises l’apprécient tout particulièrement. L’ovni de l’EP tient en son outro, « Ceux qui sont partis ». Le morceau est très mélancolique, de légers chœurs relaient la mélodie de piano, et la voix du chanteur, comme épuisée, repense à Mayotte.

« Là d’où je viens, tout est noir,

On a du mal avec vos lois,

Famille nombreuse sous nos toits,

Et ma grand-mère fait des Douas. »

Meiitod – Ceux qui sont partis

Puis, l’instru acquiert de plus en plus de puissance, comme l’artiste, qui fait preuve de plus de volonté à mesure que le beat évolue. Malgré ses petites 24 minutes, le projet est complet et nous donne un aperçu de la palette de Meiitod, dont les textes parlent des femmes, mais vont à contre-courant de la tendance viriliste actuelle. Mais oser avouer ses sentiments n’est-il pas encore plus viril ?

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