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Le roman Tropique de la violence est adapté au théâtre

Le metteur en scène Alexandre Zeff adapte au théâtre le célèbre roman évoquant Mayotte, Tropique de la violence, de Nathacha Appanah.

Depuis sa parution le 5 août 2016, le roman Tropique de la violence n’a cessé de faire parler de lui. Déjà, parce qu’il présente au monde une vision terrible d’une île rongée par les violences. Une île où l’enfance est livrée à elle-même, où la misère et l’errance se soustraient aux paysages de cartes postales… Mais au-delà des affres de ce territoire et de son fatalisme inhérent, Mayotte a bien plus à offrir qu’une violence infinie. C’est ce qu’Alexandre Zeff a su percevoir de l’île au lagon.

S’il raconte le parcours chaotique de ce jeune comorien de 15 ans seulement dans l’un des quartiers les plus difficiles qui soient, le metteur en scène enrobe la réalité douloureuse de l’île, sans jamais la masquer, mais en élargissant le prisme. Dans un mélange interdisciplinaire mêlant danse, musique et la diction de ces dialogues syncopés dont Nathacha Appanah a si bien la maîtrise dans son œuvre, Alexandre Zeff projette également des images d’une île magnifique, parmi les plus belles que l’on puisse imaginer…

Un recul sur cette violence bien ancrée et probablement difficile à imaginer pour les métropolitains. Qui s’insère à merveille avec une scénographie intense, dans un univers à la fois réaliste et fantasmé, tantôt dur et cru, tantôt poétique et entrainant… Une adaptation jugée réussie par les professionnels. Et qui aura réussi à éviter la critique récurrente portée au roman initial : l’omniprésence de ce prisme de la violence. Ou la perpétuation de l’image d’une île qui se définit par sa délinquance et ses dérives.

Bien sûr, il sera important de voir si le public mahorais verra en cette adaptation une réussite. Il s’agit après tout d’un point de vue métropolitain, basé sur le travail d’un autre auteur métropolitain. Qu’en sera-t-il de l’accueil local ? Est-ce là un sujet qui parlerait aux mahorais eux-mêmes ? Tout particulièrement décliné sous cette forme d’art théâtral si peu pratiquée sur l’île au lagon ? Cette réponse devra attendre que la crise sanitaire prenne fin. Le metteur en scène n’ayant pas exclu de donner des représentations à Mayotte. Et lorsque l’île comptera des structures adéquates permettant d’accueillir des représentations théâtrales. Il faudra donc probablement attendre encore un peu…

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