janvier 26, 2022

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Saïd Kambi critique les autorités mahoraises dans une lettre ouverte

Le foundi Saïd Kambi peste contre le préfet et l’ARS de Mayotte dans une diatribe publiée sur les réseaux sociaux.

Mahoraises et Mahorais

La directrice de l’ARS a un jour dit aux médias que l’épidémie leur a échappé. Personne n’a commenté; par personne je veux dire ceux qui à chaque élection viennent nous demander notre confiance et une fois élus, se la ferme pour leurs intérêts et surtout de peur que l’Etat ne leur donne pas de subvention. Depuis ces propos de la directrice de l’ARS, le climat s’est nettement dégradé en interne au sein de l’ARS, à l’image de l’état sanitaire que nous vivons actuellement sur le territoire. Le Silence assourdissant de nos élus commence à peser lourd sur ce territoire.

Pendant ce temps en allumant la télé, seuls le préfet et la directrice de l’ARS se pavanent sur les plateaux et nous assomment de propagande pour cacher leur incompétence. Les professionnels sont à bout de souffle. Les ambulanciers du public ont fait valoir leur droit de retrait. Le préfet réquisitionne ceux du privé mais sans leur assurer le minimum de sécurité ni de matériel. Les gérants des pompes funèbres témoignent qu’ils écoulent les cercueils comme des petits pains. Oui en ce moment la mort est devenue quotidienne. Chaque village enterre en moyenne au mois un défunt tous les deux jours. Il y a des villages qui ont perdu quasiment 10 âmes en 10 jours.

Mais les autorités nous annoncent 1/3 des morts officiellement pour cacher la gravité de la situation sanitaire complètement dégradée. La fréquence d’annonce de décès commence à donner le vertige. Mayotte est au fond du goufre, le préfet et la colonialiste de l’ARS règnent en roi sur le territoire. Les âmes s’éteignent par centaine, les larmes coulent; malgré cela, nos élus, ceux qui représentent ne trouvent un mot à dire. Je demande à l’Etat (au gouvernement) de rappeler ces deux personnalités qui n’ont su gérer la crise sanitaire à Mayotte. Pire encore qui essaient de cacher la vérité aux mahoraise a l’Etat, leur employeur.

Combien de morts faudra t’il pour éveiller la conscience de nos élus. Combien de mort faudra t’il pour susciter auprès de nos représentants un sentiment d’indignation et de révolte. Combien de mort faudra t’il pour que l’état ait à reconsidérer son mépris sur ce territoire qui plus de 5 fois dans l’histoire a déclaré son Amour à la France. Seul territoire d’ailleurs à devoir le faire tout le temps. La limite est atteint, nos vieux tombent notre jeunesse est attaquée, nos vies sont menacées, la mort est partout, les larmes ne cessent plus et pendant ce temps là; personne pour venir au secours de la population d’un département de la cinquième puissance économique du monde, gendarme de l’Afrique et membre du conseil de sécurité de l’ONU.

Au secours oh Allah, Nos élus nous ont abandonné. Ils ne trouvent mot à dire de la situation sanitaire et encore moins à s’émouvoir de la mort devenu quotidienne et à nos portes. Notre État, face à ces âmes qui tombent ne fait que perpétuer sa politique de dénigrement du mahorais laissé au banc du mal aimé, orphelin de la nation. Au près de toi oh Allah nous trouvons la sérénité d’y croire et d’espérer! Je sais que ce Post ne me fera pas que des amis. Je sais que par ce post je serais menacé au travail car dans ce département de la décolonisation il ne fait pas bon à un fonctionnaire de se la ramener. Mais la situation sanitaire catastrophique où se trouve notre île mérite d’être dénoncé qui en plus du placard pourrait m’amener à plus grave. Au noms de tous les morts j’appelle nos élus à un sursaut d’honneur.

Saïd Kambi.

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