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Le Conseil départemental réagit aux propos de la Russie sur Mayotte

08h25 :

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Dans un tweet publié le 17 juin dernier, Sergueï Lavrov, le ministère des Affaires étrangères russe a établi un parallèle entre la situation de Mayotte et l’annexion de la Crimée en 2014. Une réaction politique qui fait suite aux propos du président français. Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a en effet reçu le Président ukrainien lors d’une visite officielle. À cette occasion, le chef de l’État a rappelé que la France, à l’instar de la communauté internationale, ne reconnait pas l’annexion de la Crimée par la Russie. En 2014, le président russe a décidé d’annexer cette péninsule au territoire national russe. Et selon la Russie, la situation de la Crimée est similaire à celle de Mayotte « où un référendum a eu lieu en 2009 ». En avril 2014 déjà, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Rossiya 1, Sergueï Lavrov s’était appuyé sur Mayotte pour justifier l’annexion de la Crimée. Il avait déclaré que « Contrairement à de nombreuses décisions de l’ONU, qui a condamné cette approche, Mayotte est désormais membre à part entière de la République française ». « Il est intéressant de voir qu’aucune sanction commerciale ou politique n’a été prise » avait alors rétorqué le journaliste russe, comme le rapporte un article du quotidien Le Monde datant du 13 avril 2014.

À Mayotte, les récents propos du ministre des affaires étrangères russe font beaucoup réagir. Pour le président du Conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani, « Ce tweet publié le jour de la rencontre entre le président français, Emmanuel Macron, et Volodymyr Zelensky, le nouveau président ukrainien, n’est pas acceptable dans son principe. Il faut pouvoir comparer ce qui est comparable. Utiliser le statut de Mayotte pour justifier de ses propres pratiques diplomatiques ne me semble pas respecter un principe pourtant très sain : celui de ne pas parler à la place des autres. Le cas de Mayotte, 101e département français, ne légitime pas le ministère des Affaires étrangères russe à parler en notre nom ». Soibahadine Ibrahim Ramadani conclut en ces termes : « Chacun à sa juste place ! ».

Dans son communiqué, le Département a par ailleurs souhaité réaffirmé le droit du peuple mahorais à disposer de lui-même, que plusieurs référendums ont établi (1976, 2000 et 2009). « La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 a inscrit Mayotte dans la Constitution. Elle est devenue une collectivité d’outre-mer française régie par l’article 74 de la Constitution. Depuis 2014, Mayotte a également acquis le statut de région ultra-périphérique », poursuit le communiqué. Il convient encore de préciser qu’avant 2014, la Crimée était une région d’un Etat souverain, en l’occurence l’Ukraine, alors que les Comores étaient une colonie française à l’époque du référendum de 1975. Pour l’heure, comme souvent lorsqu’il s’agit du statut de Mayotte, la diplomatie française a décidé de rester muette et de ne pas répondre à son homologue russe. Regrettable lorsque l’on sait que l’île au lagon est française depuis 1841, à l’époque où la Russie était encore un Empire.

Pierre Bellusci
Article paru dans France Mayotte matin du Vendredi 21 juin 2019

 

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