novembre 27, 2020

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Coronavirus : « En réduisant la biodiversité, on augmente la probabilité qu’un virus passe d’une espèce à l’autre et atteigne les hommes »

18h30 :

IPBES_Pandemics_Report_3_FR

Depuis quelques semaines, l’arrivée d’un vaccin pour enrayer l’épidémie de Covid-19 suscite l’intérêt de tous : quel laboratoire, quel procédé, quels risques associés et surtout quand… peut-être ainsi pourrons nous vivre de nouveau sereinement. Cependant, le monde ne sera pas à l’abri d’un nouveau virus… notre biodiversité, protégée, serait peut-être un moyen efficace du lutter. Explications.

Le lien entre les pandémies, les virus, les animaux et les hommes n’est malheureusement plus à démontrer, il convient surement de repenser notre rapport à la nature pour mieux nous protéger. Un récent rapport de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) formule un certain nombre de propositions en la matière. Les spécialistes de la biodiversité posent comme approche pour justifier leurs recommandations : « Puisque le facteur principal d’émergence d’une maladie, c’est la perturbation des milieux naturels, une des réponses serait de préserver une biodiversité à un niveau élevé ». Fort bien sauf que l’on sait que la problématique du foncier ou encore des usages des espaces rend les choses complexes. Cette logique reviendrait à chasser de vastes zones, toute activité humaine pour « restaurer » les écosystèmes de manière naturelle.

Il est vrai que la lecture du rapport fait un lien évident entre émergence des épidémies et disparition du vivant. Dans ce même rapport, l’institut explique que plus 1.7 million de virus serait présent chez les animaux, la moitié pourrait infecter les hommes, la cohabitation toujours plus proche entre cette nature et les hommes créent des passerelles naturelles de contamination. « Le risque de pandémie survient quand les espèces sauvages sont mises en contact avec les humains, par la destruction de leurs habitats ou leur capture », rappelle Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Les experts poursuivent leur démonstration en expliquant que le changement de l’usage des terres notamment à des fins agricoles accélére l’émergence de nouveau virus. On parle de 30% d’agents infectieux en plus depuis les années 60, l’augmentation de la population mondiale ni est pas pour rien elle s’est largement accélérée depuis l’après-guerre, HI V, Ebola, Sras, elles sont toutes liées à l’homme et à ses interventions sur la nature sauvage… L’homme pour vivre s’approprie de nouveaux espaces, les besoins en alimentation sont plus nombreux donc la surface agricole s’étend partout à travers le monde accélérant le phénomène décrit précédemment. Mayotte est confrontée d’ailleurs dans son écosystème aux mêmes problèmes : la population augmente, les besoins en aménagement deviennent plus pressants, les réflexions sur l’autonomie alimentaire sont bien présentent au même titre que celle sur la préservation et la reconquête de la forêt par rapport à nos besoins en eau…

Toutes les études démontrent que lorsque les écosystèmes sont riches et denses, la cohabitation entre faune et flore régule les infections de manière naturelle. Les aires protégées sont donc une solution : ce sont des zones exemptées d’activités humaines. Peut-on espérer en disposer de plusieurs à Mayotte ? Là est la question, comment faire pour réguler nos contraintes : nombre de personnes présentes, pression sur les milieux et besoins alimentaires. Le Président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité explique que les moyens manquent pour surveiller les aires dites protégées… mais sur un territoire comme le nôtre peut-on prétendre supprimer toute activité humaine sur une zone étendue ?

Comme souvent dans les symposiums internationaux, les pays prennent des engagements la main sur le cœur qu’ils oublient dès qu’ils tournent les talons… Sur ce thème, la France a dit 30% d’aires protégées en France d’ici à 2030. Mais comment sérieusement y parvenir ?

Sans compter que dans certaines aires que l’on voudrait protéger, des peuples autochtones cohabitent quelquefois en harmonie avec leur environnement sans exercer de pression. Les défenseurs de cette approche parlent de « colonialisme vert » s’agissant de la création de ses aires protégées, dont on comprend aisément qu’à Mayotte, elles sont difficiles à mettre en place… Si la solution n’est pas aisée, la cause elle est bien claire : les pressions exercées par l’homme de manière répétées déstabilisent les milieux et facilitent les transmissions de virus.
L’homme veut conquérir l’espace produire de l’énergie à partir du soleil, mais se retrouvent confrontés aux mêmes problèmes que ceux du moyen âge avec la variole et la peste… N’avons donc nous rien appris ?

Anne Constance Onghéna
France Mayotte matin

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